les prix à la fête, les ménages dans la défaite…

Publié par Daniel Omam le

les ménages trinquent

La défaite semble assurée pour l’ensemble des ménages camerounais en cette fin d’année. La genèse de cette hausse vertigineuse s’étale sur plusieurs années maintenant. Elle s’est appuyée au fil du temps sur des faits divers et variés qui ont souvent justifié ce moment suspendu. Des réalités contraignantes, faites de mesures restrictives qui ont eu des conséquences à long terme sur la fluctuation des prix dans les marchés, et la bourse des foyers et ménages à chaque fois accuse le coup.

Au cours de ces trois dernières années, des événements ont pesé lourds, et ont contribué à la mutation économique de notre pays. Tous les secteurs ont connu une perte de vitesse, qui a eut des répercutions sévères sur l’ensemble de la société civile. Le premier de ces événements est la crise sociale qui sévit dans les régions du Nord et du Sud Ouest… Quant au second, il s’agit de la pandémie de la COVID-19. Une crise sanitaire sans précédent, qui n’a jusqu’ici épargné aucune partie du globe terrestre… Et encore plus récent, l’organisation de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations), dont le Cameroun est pays hôte.

Ceci étant, l’inflation des prix durant les périodes de fin d’année est pour ainsi dire, devenue monnaie courante. Cette hausse périodique vertigineuse ne concerne pas que les denrées alimentaires, mais touche de manière générale tout les secteurs et produits de consommation. Le secteur de l’habillement, de la restauration, et même du divertissement se trouvent aussi concernées. Cette hausse n’a rien d’inhabituel… Elle est causée par l’immédiateté des circonstances, et le besoin pour les consommateurs de “faire plaisir” et surtout de “se faire plaisir” durant cette période.

La situation des marchés cette année est plus que dramatique, elle est désespérante et même sans espoir. L’atmosphère est étouffante, presque asphyxiante… Et il ne s’agit en aucun cas du climat… L’oppression se trouve du côté des étales et boutiques. Celles ci proposent des prix faramineux, pour des quantités minimes. Les raisons avancées sont filles de celles citées plus haut. En effet, ces dernières participent de manières active à la pénurie de certains produits sur nos marchés. Ce qui est donc rare se vend à prix d’or… Elles raréfient ainsi intrants et produits nécessaire pour la fabrications des produits de consommations, une défaite pour consommateurs et commerçants.

Nous en avons pour preuve ce tableau, qui récapitule de manière sommaire quelques uns des produits qui ont connu un hausse fulgurante, ceci sur la période de janvier à mars 2021.

Le match semble donc perdu d’avance, une défaite se dessine sans conteste pour de nombreux ménages. Il s’agira en outre de produits de bases et de premières nécessité qui connaissent, et connaîtront certainement encore de fortes hausses.

Les ménagères, non loin de crier défaite font désormais divers calculs afin de gérer la ration. Au marché, il faut savoir composer avec les commerçants pour s’en sortir. En réalité, les prix de divers produits connaissent une hausse progressive depuis l’année dernière. Le litre d’huile de palme qui, auparavant valait 750 FCFA est aujourd’hui à 1000 francs. Ce nouveau prix serait justifié, par un prix d’achat qui, lui aussi serait en hausse. La tine de 20 litres qui coûtait 17 000 se vend à 19 000 francs. Ils renseignent par ailleurs que les producteurs parlent d’une mauvaise semence et la mauvaise qualité des engrais qui occasionnent une faible production.

Le poisson fumé ou frais se vendent eux aussi à prix d’or. Le maquereau, poisson très prisé par les ménagères se fait encore plus rare. Il faut prévoir au moins 1 400 francs pour avoir un kilogramme de maquereau frais. L’indicateur de cette flambée est la hausse du carton, qui passe de 30 000 est passé à 35 000 francs. Face à cette rareté donc, certaines ménagères se tournent vers d’autres espèces, plus abordables comme le thon ou le bar…

Les différentes variétés d’arachides connaissent elles aussi le même sort. D’autres denrées comme les oignons, la tomate et même certains tubercules qui sont par ailleurs de saison, demeurent chers.